Série d’articles sur l’art de la respiration – 1 de 4
En 2017 j’ai commencé à m’intéresser de plus près à l’art de la respiration, découvrant à quel point elle est plus qu’un simple automatisme. Bien que vitale, elle représente aussi un levier extraordinaire pour améliorer notre bien-être et nos performances. À travers ma propre pratique, j’ai appris à utiliser la respiration pour mieux gérer le stress, augmenter mon énergie et améliorer mon endurance lors de mes randonnées.
La respiration joue un rôle fondamental dans notre corps en assurant l’apport d’oxygène à chaque cellule ainsi que l’élimination du dioxyde de carbone. Mais elle varie aussi : certaines respirations sont profondes et apaisantes, d’autres superficielles et tendues.
Dans cette série de quatre articles, je vous invite à explorer les différentes fonctions de la respiration, à découvrir comment détendre votre souffle pour vous recentrer et à expérimenter des exercices pratiques pour transformer cette fonction en un outil puissant de détente, de régénération et d’amélioration de vos performances.
Dans ce premier article, nous allons plonger au cœur du système respiratoire, pour découvrir et comprendre les mécanismes fascinants qui orchestrent chaque souffle.
Ensemble, nous allons redonner à votre souffle toute sa place et son potentiel.
La respiration est un pont entre le corps et l’esprit. C’est en respirant que nous retrouvons notre équilibre.
– Thích Nhất Hạnh
La fonction respiratoire
Dans cet article, nous allons plonger dans les bases de la respiration, explorer comment elle est régulée et comprendre l’importance du précieux équilibre entre l’inspiration et l’expiration. Plus important encore, nous allons voir comment, même si la respiration est en grande partie automatique, nous avons la capacité d’en reprendre le contrôle pour améliorer notre bien-être quotidien.
La respiration est généralement inconsciente et contrôlée par le système nerveux autonome, qui équilibre l’influence du système sympathique (qui accélère la respiration) et du système parasympathique (qui la ralentit). Cependant, nous avons un certain contrôle conscient sur notre rythme respiratoire.
Au repos, un adulte pompe environ 4,5 litres de sang par minute, ce qui nécessite l’oxygène contenu dans 6 à 8 litres d’air inhalé.
Ventilation (mouvement mécanique)
La ventilation, désigne le mouvement physique de l’air dans et hors des poumons. Elle apparaît chez les humains comme l’expression immédiatement visible de la respiration et ne constitue que la phase la plus externe du phénomène. Cela se produit grâce à l’action des muscles respiratoires, en particulier le diaphragme, les muscles intercostaux, la trachée, les bronches, les bronchioles et les alvéoles et implique également des fonctions neurologiques.
Ce mécanisme aide aussi à réguler la température corporelle : par exemple, l’air que nous inhalons est réchauffé dans le nez lorsqu’il fait froid, et l’air que nous expirons sort à environ 34 °C.
Notre cerveau surveille en permanence la quantité d’oxygène et de dioxyde de carbone dans notre corps. Quand il détecte que nous avons besoin de plus d’oxygène ou que le dioxyde de carbone s’accumule, il nous fait respirer plus rapidement.
La ventilation est responsable du renouvellement de l’air alvéolaire et se mesure en termes de volume d’air inhalé et exhalé. Elle est une composante essentielle de la respiration, mais ne représente qu’une partie de l’ensemble du processus respiratoire.
La ventilation concerne principalement le mouvement de l’air, tandis que la respiration englobe l’ensemble des processus chimiques et physiologiques liés à l’échange et à l’utilisation de l’oxygène.


Respiration (échanges gazeux)
La respiration est un processus naturel essentiel qui permet à notre corps de fonctionner. Elle consiste à prendre de l’oxygène (O₂) de l’air et à rejeter du dioxyde de carbone (CO₂), un déchet produit par notre corps.
Ce processus se passe dans nos cellules, où l’oxygène est utilisé pour produire de l’énergie, nécessaire à toutes nos activités. En retour, les cellules produisent du dioxyde de carbone, qui est ensuite éliminé.
Lorsqu’une personne inspire, l’air qu’elle respire contient environ 21 % d’oxygène (O₂) et moins de 1 % de dioxyde de carbone. C’est la concentration normale d’oxygène dans l’air ambiant au niveau de la mer.
Lorsqu’une personne expire, environ 4 à 5 % de l’air expiré est constitué de dioxyde de carbone (CO₂). Cela signifie que l’air expiré contient environ 18 % d’oxygène (O₂) et est chargé en CO₂, qui représente une partie significative des gaz expirés. La majeure partie de l’air expiré est encore de l’oxygène (environ 16 %) et de l’azote (environ 79 %).

La respiration est essentielle à notre existence, mais nous y pensons rarement. Comme elle se fait naturellement, nous la prenons pour acquise. De manière involontaire, on respire environ 20 000 fois par jour.
Ce qui est intéressant est que, bien que respirer soit une fonction automatique, nous ne le faisons pas toujours comme il le faut.
Respirer n’est pas quelque chose que l’on fait, mais quelque chose qui nous arrive.
Il existe deux types de respiration
Respiration aérobie
Utilise de l’oxygène et est le moyen principal pour produire de l’énergie. Elle se passe dans les mitochondries des cellules. C’est efficace et produit beaucoup d’énergie que l’on nomme ATP. L’ATP (adénosine triphosphate) est une molécule clé qui sert de source principale d’énergie pour les cellules.
Lors de la respiration cellulaire, qui se déroule dans les mitochondries, l’oxygène que nous inhalons est utilisé pour transformer les nutriments (glucose, lipides, etc.) en ATP, grâce à une série de réactions biochimiques. L’ATP est essentielle car il alimente presque toutes les activités cellulaires, comme la contraction musculaire, la transmission des signaux nerveux et les processus de réparation cellulaire. Sans ATP, les cellules ne pourraient pas fonctionner et l’organisme ne pourrait pas survivre.
En résumé, l’ATP est l’« énergie » produite grâce à la respiration cellulaire, nécessaire à la vie et au bon fonctionnement de toutes les cellules. Ce processus est un peu lent. Pensez à un marathonien.
Respiration anaérobie
N’utilise pas d’oxygène. Se passe dans le cytoplasme (l’intérieur « gélatineux » d’une cellule). La respiration anaérobie se produit lorsque les cellules manquent d’oxygène pour effectuer la respiration aérobie (qui dépend de l’oxygène).
Cela se produit généralement lors d’efforts physiques intenses et courts, où la demande en énergie dépasse l’approvisionnement en oxygène. Les muscles doivent alors produire rapidement de l’énergie sans utiliser d’oxygène. Pendant ce processus, le glucose est décomposé pour produire de l’ATP, mais au lieu de passer par les étapes nécessitant de l’oxygène, les cellules produisent de l’énergie par fermentation.
Cela génère une petite quantité d’ATP et produit de l’acide lactique comme sous-produit. C’est l’accumulation de cet acide lactique qui peut provoquer une sensation de brûlure musculaire et de fatigue lors d’efforts intenses.
En résumé, la respiration anaérobie survient lorsqu’il y a un manque d’oxygène, généralement pendant un exercice intense, et permet de produire de l’énergie rapidement mais de manière moins efficace que la respiration aérobie. C’est rapide mais pas durable. Pensez à un sprinteur.

Les quatre niveaux de respiration
Respiration claviculaire (ou très haute)
En cas de danger ou de grand stress, la respiration devient très rapide pour donner un surplus d’énergie en vue de réagir à ce qu’on perçoit comme étant menaçant.
Respiration thoracique (ou superficielle)
Respiration la plus commune, usuelle. Elle procure l’oxygène pour les différentes activités durant la journée. Elle se situe au niveau de la poitrine. Les poumons ne se remplissent qu’à moitié.
Respiration abdominale (ou profonde)
Celle qui peut aider à réduire le stress, la plus énergisante, la plus apaisante. Elle est située au niveau du ventre. On respire avec les poumons, mais le ventre participe aussi. La respiration abdominale emplit les poumons très loin vers le bas et imprime un mouvement à un muscle appelé diaphragme (muscle très large et mince séparant la poitrine de l’abdomen). Celui-ci va pousser les organes abdominaux vers le bas, afin de laisser plus de place à l’inspiration. L’air inspiré remplit la totalité des poumons.
La respiration complète
Réunit les trois modes précédents. Une respiration complète ou totale est préférable car elle permet d’optimiser l’oxygénation de tout le corps et favorise un meilleur bien-être physique et mental.
En parallèle des niveaux respiratoires, le cycle de la respiration se divise en quatre phases :
- Inspiration
- Rétention du souffle avec les poumons pleins
- Expiration
- Rétention du souffle avec les poumons vides
Rôle du sucre dans la respiration
Le sucre, principalement sous forme de glucose, joue un rôle essentiel dans le processus de respiration cellulaire. La respiration cellulaire est le processus par lequel les cellules convertissent le glucose et l’oxygène en énergie sous forme d’adénosine triphosphate (ATP).
Le glucose est dégradé dans une série de réactions biochimiques. En présence d’oxygène, la respiration aérobie permet une dégradation complète du glucose. L’oxygène est transporté dans le sang par l’hémoglobine et est utilisé dans les cellules pour produire de l’énergie à partir du glucose, ce qui est essentiel à la respiration cellulaire et à la survie de l’organisme.
Transport de l’oxygène dans le sang
Capture de l’oxygène
L’oxygène que nous inhalons entre dans les poumons et passe dans les alvéoles, de petites cavités où a lieu l’échange gazeux. L’oxygène se diffuse à travers les parois des alvéoles vers les capillaires, où il se lie à l’hémoglobine.

Oxyhémoglobine
Une fois lié à l’hémoglobine, l’oxygène forme de l’oxyhémoglobine (hémoglobine chargée d’oxygène). L’hémoglobine a une capacité limitée pour fixer l’oxygène, et lorsque tous ses sites sont saturés, elle ne peut en fixer davantage.
Transport vers les cellules
L’oxyhémoglobine circule dans le corps à travers les artères pour distribuer l’oxygène aux cellules des tissus. Lorsque les cellules ont besoin d’oxygène, l’hémoglobine libère l’oxygène dans ces tissus.
Retour du dioxyde de carbone
En retour, les cellules libèrent du dioxyde de carbone (CO₂), qui est capté par le sang veineux et transporté vers les poumons pour être expiré.

LA FRÉQUENCE RESPIRATOIRE ET L’AMPLITUDE RESPIRATOIRE SONT DEUX CONCEPTS CLÉS LIÉS À LA RESPIRATION, MAIS ILS DÉCRIVENT DES ASPECTS DIFFÉRENTS DE CE PROCESSUS.
Fréquence respiratoire
La fréquence respiratoire se réfère au nombre de respirations (inspirations et expirations) effectuées par minute. Chez un adulte au repos, cette fréquence est généralement de 12 à 20 respirations par minute. La fréquence peut varier en fonction de différents facteurs, notamment l’activité physique, l’état de santé, et les émotions. Par exemple, lors d’un exercice intense, la fréquence respiratoire augmente pour répondre à une demande accrue en oxygène.
Amplitude respiratoire
L’amplitude respiratoire, en revanche, désigne le volume d’air inhalé ou exhalé à chaque respiration. Cela reflète la profondeur de chaque respiration. Une grande amplitude signifie que les poumons se remplissent d’une quantité importante d’air, tandis qu’une petite amplitude indique des respirations superficielles.
L’amplitude peut également varier en fonction de l’effort physique, des émotions ou de conditions médicales. Lors de mes formations de marche afghane, j’enseigne un exercice d’amplification pulmonaire qui permet d’augmenter la capacité pulmonaire et aide aussi à atteindre ce que nous appelons le « second souffle ».
La fréquence respiratoire mesure le rythme des respirations, tandis que l’amplitude respiratoire mesure la profondeur de chaque respiration. Ces deux aspects sont importants pour évaluer la fonction pulmonaire et la santé respiratoire en général.
La saturation en oxygène
La saturation en oxygène (ou oxyhémoglobine) est le pourcentage d’oxygène transporté par l’hémoglobine dans le sang par rapport à la quantité maximale que le sang peut transporter. Lorsque toutes les molécules d’hémoglobine sont « pleines » d’oxygène, on dit que le sang est saturé. Cependant, le sang n’est généralement pas entièrement saturé.
Chez une personne en bonne santé, respirant au niveau de la mer, la saturation artérielle est d’environ 97%. La saturation veineuse, qui varie selon les parties du corps, est autour de 65%. La saturation artérielle est mesurée de manière simple et continue à l’aide d’un saturomètre de pouls, sans besoin de prise de sang.
L’origine et l’essence spirituelle de la respiration
Respiration, vient du mot latin Spiro (qui signifie « souffle »), est liée à l’idée d’énergie vitale. Le terme latin Spiritus (souffle) est à l’origine du mot « esprit ». De la même manière, dans les traditions orientales, la respiration est considérée comme essentielle pour l’équilibre énergétique et l’harmonie.
Des techniques comme la marche afghane et le yoga ont développé des méthodes pour contrôler la respiration, ce qui a inspiré des formes modernes d’exercices respiratoires.
Sur le plan psychologique et physiologique, la relation entre la respiration et l’état émotionnel n’est plus à prouver. Plus on est stressé(e), moins on respire correctement : on suffoque, le cœur s’emballe, le cerveau manque d’oxygène.
Si la respiration est une fonction le plus souvent automatique, on peut cependant l’influencer consciemment. La respiration est d’une utilité incroyable pour réduire le stress et améliorer la santé. Avec la pratique, il est possible d’apprendre à détendre son corps par la simple respiration.
On se détend davantage quand on respire profondément et quand on est détendu, notre respiration s’approfondit : une fois bien enclenché, le processus s’entretient de lui-même.
Pour clore ce premier article
La respiration, bien que souvent inconsciente, est un processus bien plus complexe et puissant qu’il n’y paraît. Comme nous l’avons vu dans cet article, la ventilation pulmonaire ne se limite pas à un simple échange d’air, mais joue un rôle clé dans l’équilibre entre notre corps et notre esprit. En prenant conscience de notre souffle et en apprenant à le maîtriser, nous pouvons améliorer notre santé, réduire le stress, et accroître notre bien-être général.
Dans notre prochain article sur l’art de la respiration, nous aborderons la détente respiratoire, et découvrirons comment utiliser la respiration pour apaiser notre corps et notre esprit afin de mieux respirer.
Soyez prêts à libérer le plein potentiel de votre souffle et à transformer cette fonction naturelle en un outil puissant de régénération et de performance.
Note et références
- L’art de la respiration – Respiration et Santé – Paris 1967- Otoman Zar-Adusht Hanish – Édition ARYANA
- Méthode « Apprentissage de la marche afghane » © 2014-2021 — Sylvie Alice Royer, fondatrice MAQ
- Va prendre l’air Denis Fortier – Les Éditions du Trécarré, 2021
- Dictionnaire médical de l’Académie de Médecine – version 2024
- Oxygen and Carbon Dioxide Exchange (NIH)
- The Respiratory System (NCBI)
- en.wikipedia.org/wiki/Exhalation
- www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-methode-scientifique/respiration-inspirez-expirez-4787975http://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-methode-scientifique/respiration-inspirez-expirez-4787975
- www.pneumacorps.com/wp-content/uploads/2021/06/Infolettre-no-2-Lart-de-respirer-librement-2021.01.pdfhttp://www.pneumacorps.com/wp-content/uploads/2021/06/Infolettre-no-2-Lart-de-respirer-librement-2021.01.pdf
- American Lung Association
- National Institutes of Health
- www.pneumacorps.com/
- www.nagwa.com/fr/

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